En Côte d’Ivoire, notamment dans le centre et le nord, l’association agriculteurs / éleveurs est un facteur de progrès et structure un faisceau de relations allant jusqu’aux mariages entre ces différents groupes sociaux, et même à une sédentarisation des éleveurs ayant une longue tradition de nomadisme. Et pourtant ce tableau reluisant masque toutefois une réalité triviale :
Depuis ces évènements, le gouvernement ivoirien a pris de nombreuses initiatives visant à limiter les effets négatifs de ces conflits. Le décret 96-433 du 3 juin 1996 prévoit par exemple la mise en place d’un système spécifique de règlement des conflits avec l’instauration de commissions paritaires au niveau villageois, sous-préfectoral et départemental. Il y a eu des initiatives gouvernementales et institutionnelles visant à réguler les rapports agriculteurs et éleveurs :
- Étude en 2003 du ministère de la Production animale et des Ressources halieutiques relativement à la gestion des Ressources génétiques animales (RGA)
- En 2011, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a, dans le cadre de ses activités liées à la cohésion sociale, mené une série d’activités en vue de la résolution des conflits éleveurs/agriculteurs.
Installation par l’ONUCI des commissions chargées du suivi de la cohabitation agriculteurs-éleveurs. En dépit de ces initiatives on note la persistance des conflits : « les Mahouka et les Odienneka se disent envahis par les bœufs qui causent d’énormes dégâts dans leurs plantations. Situation qui aboutit à des affrontements dont les règlements échappent très souvent aux cadres, chefs traditionnels et, plus haut, au corps préfectoral, accusé, souvent par les autochtones, de faire la part belle aux peulhs moyennant quelques petits arrangements. Le […] bilan en date de cette crise de cohabitation, remonte au 13 mai 2012, où des affrontements ont fait trois blessés par balles et près de 650 bêtes tuées à Touba. » Acteur à Touba, (L’expression N°870 du 2 juillet 2012 ). Le Conseil des Ministres en date du 19 juin 2013 a reconnu que ces conflits entraînent de nombreux dégâts au plan matériels et en pertes de vie humaines dans les localités.
Les Objets du projet
L’objectif général du projet est de contribuer à solutionner de façon durable, les conflits entre agriculteurs et éleveurs dans le centre et le nord de la Côte d’Ivoire. De façon spécifique, il s’agira de:
- Organiser à l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo, un colloque international sur la thématique « conflits-agriculteurs/éleveurs » pour-partager les expériences et les bonnes pratiques d’autres pays ;
- Sensibiliser les populations, notamment les agriculteurs et les éleveurs à la coexistence pacifique et au respect des nouvelles mesures.
- Réaliser des études socio-anthropologiques et socio-économiques et environnementales sur la problématique conflit agriculteurs-éleveurs;
- Identifier et aménager en lien avec les conseils de région, les populations et les agriculteurs de 10 régions du nord et du centre de la Côte d’Ivoire, des pâturages et des zones de parcours de bétails;
- Organiser la transhumance des bétails dans le nord et le centre ivoirien par la création de zones de stationnement et de nutrition de troupeaux et de zones de parcours de bétails jalonnés de points d’eau;
- Consigner les rapports d’activités et les actes du colloque dans une revue scientifique. Il s’agit d’une rencontre de tous les acteurs impliqués dans notre thématique:
- Les agriculteurs;
- Les éleveurs;
- Les Autorités administratives;
- Les Leaders communautaires;
- Les chercheurs;
- Les Ministères impliqués;
- Les forces de l’ordre;
- Le Ministère de la justice;
- Les Ambassades et Consulats des pays intéressés par le projet;
- L’Union Européenne ...






